L'apprenti assassin, Le fitz prodigue

L'apprenti assassin, Le fitz prodigue
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L'apprenti assassin est le premier tome de la saga L'assassin royal

L'assassin royal est une saga que j'ai lue avant la création de ce blog, ça fait donc plus de 10 ans et je ne les ai jamais chroniqués. Bon, ça arrive, c'est pas grave. Mon souci c'est que je n'ai jamais lu la dernière trilogie de cet univers (Le fou et l'assassin), mais je ne me rappelle plus rien de précis sur cette série, et j'ai vraiment envie de savoir ce qui s'y passe. Dilemme ! Bug dans la matrice ! Comment faire ? Demander une meilleure mémoire à Noël ? Accrochez-vous à votre écran, je recommence tout depuis le début. Et en audio.

Devant les portes du château de Castelcerf se présente un homme qui amène avec lui un enfant de six ans, ce dernier est le bâtard du roi-servant Chevalerie Loinvoyant, la couronne doit donc s'en occuper. Le garçon est tout d'abord confié aux soins de Burrich, homme-lige de Chevalerie et responsable des écuries, il sait pas trop quoi foutre du marmot mais s'en occupe. Pourtant, le roi Subtil, père de Chevalerie, se dit finalement qu'un bâtard pourrait avoir son utilité et on va enfin prendre en main son éducation : Lecture, écriture, maniement des armes, soins des animaux, mais Fitz (car c'est désormais son nom, qui signifie juste "bâtard") apprendra surtout l'art de l'assassinat.

J'avais un peu peur, parce qu'en plus de dix ans j'en ai lu des sagas, mes goûts avaient peut-être évolué, ma patience envers les série de plus de 4-5 tomes s'était peut-être envolée, les tropes d'un truc qui a plus de 20 ans allaient peut-être me paraitre un peu trop flagrants. Mais non, j'ai dévoré ce premier tome avec énormément de plaisir, retrouvant ça et là des bribes de souvenirs mais surtout en redécouvrant cet univers mystérieux et vibrant, cet enfant extrêmement attachant qui se faufile sur un chemin semé d'embuches, de complots et de dangers.

On découvre un univers médiéval fantastique assez classique avec roi, princes, pouvoirs mystérieux, et des méchants qui complotent dans les coins. Robin Hobb nous amène tout ça très progressivement, on pourrait même dire "très lentement" si la lecture n'était pas aussi plaisante, mais la prose de l'autrice se déguste, la traduction est impeccable. On va suivre cet enfant qui découvre la vie à la cour, qui n'a sa place nulle part et va d'abord être trimballé à droite à gauche avant de trouver une voie. Il sera un outil, un assassin, il apprendra les rouages de la politique, à influencer les évènements dans l'ombre, à être le pion invisible des puissants.

En suivant Fitz dans un récit à la première personne, on s'attache énormément à lui, on comprend chacune de ses décisions et chacun de ses dilemmes, on découvre avec lui cet univers et les dangers qu'il cache. Mais on apprend aussi à connaitre toute une galerie de personnages à travers lui, Burrich, Vérité, Molly, Subtil, Royal, Kettricken, Le fou, Umbre, Gallen, autant de pièces posées au fur et à mesure sur un puzzle dont on ne voit tout d'abord pas vraiment le motif. De l'initiation de Fitz on va  passer à des enjeux bien plus importants avec les tensions politiques, des missions diplomatiques, puis le danger des pirates rouges qui privent les habitants des Six-Duchés de leur âme (à peu près), et on commence à entrevoir la mythologie qui entoure ce petit monde, avec les Anciens, les pouvoirs du Vif et de l'Art, mais on esquisse juste, sans trop en dévoiler. On avance un peu sans voir un unique fil narratif, c'est vraiment une trame qui constitue la vie de Fitz et on sait jamais ce que sera son prochain défi. Mais une chose est sûre, Robin Hobb gère merveilleusement bien la tension et le mystère, pour nous emmener vers un acte final extrêmement prenant où notre héros est livré à lui-même en terrain inconnu, à la merci de son plus grand ennemi à la cour. Ce tome 1 est complet, mais on sent qu'on est au début de quelque chose de bien plus grand, qu'on n'a fait qu'en effleurer la surface.

Après avoir un peu souffert sur quelques productions francophones, je m'étais résolu au fait que bon, en audio vaut mieux écouter en VO, mais heureusement certains narrateurs sont la pour me détromper ! Après Jean-Christophe Lebert c'est donc Sylvain Agaësse qui me redonne foi en l'audio VF, sa performance sur L'assassin royal est extraordinaire de subtilité, d'immersion, bien loin des caricatures qu'on peut entendre ailleurs (coucou Hardigan). Je pense que je vais poursuivre en sa compagnie pour toute la saga, et j'ai bien hâte de continuer cette extraordinaire aventure.

Couverture : Vincent Madras
Traduction : Arnaud Mousnier-Lompré
Narration (audio) : Sylvain Agaësse
Éditeur : J'ai lu / Audible
Nombre de pages : 352
Prix : 21,90€ (broché) / 8,90€ (poche) / 8,49€ (numérique)