Godkiller, Bastonner des dieux
Godkiller est le premier tome de la trilogie Fallen gods, par Hannah Kaner
Godkiller m'avait évidemment attiré grâce à cette superbe couverture de Tom Roberts, et son univers de fantasy sombre et sauvage éveille tout de suite la curiosité. Bien évidemment j'ai laissé traîné le bouquin dans ma PAL mais vu qu'il sort en VF chez De Saxus dans quelques jours et que la suite sort en VO le mois prochain, c'était le moment de se pencher dessus et de vous livrer mon ressenti. Notez bien que j'ai lu la VO et n'ai aucune idée de la qualité de la version française.
Dans un monde où les dieux sont réels, où leur existence et leur pouvoir dépendent des autels et offrandes qu'ils reçoivent, allant du petit esprit de campagne jusqu'à la divinité surpuissante capable des pires destructions, Kissen est une tueuse de dieux. Depuis la guerre, vénérer les dieux est interdit et ces derniers se sont retranchés dans la cité de Blendraden. Quand Kissen tombe sur une jeune noble qui semble liée à un dieu mineur, elle ne peut tuer le dieu sans tuer la jeune fille, qui semble être la cible d'un complot. La tueuse de dieux va donc prendre la noble sous son aile et l'emmener en voyage à la recherche d'une solution, vers la cité maudite. Elles seront bientôt rejointes par un chevalier en mission secrète pour le roi, et leurs deux quêtes se retrouveront mêlées malgré eux.

Godkiller est un roman surprenant à l'ambiance sombre et extrêmement bien mise en place par l'autrice grâce à une plume qui prend son temps et donne vie à ce monde. On est dans un univers qui a une histoire violente et tragique, la guerre contre les dieux a marqué les esprits et on découvre au fur et à mesure les séquelles que le conflit a laissé sur le monde. On va découvrir tout ça par petites touches, comme un petit puzzle qu'on remet en place au fil des pages, on comprend, on fait les liens et tout s'éclaircit. Ou s'assombrit.
Ce monde où les dieux sont une réalité est original et passionnant à découvrir, ces derniers ne peuvent exister que tant que quelqu'un les vénère, ils ont besoin d'au moins un autel, et gagnent en puissance avec les offrandes qu'on leur donne. Le texte amène de la nuance en nous expliquant que les dieux mineurs sont pas toujours néfastes mais que dans certains cas ils demandent de plus en plus à leurs adorateurs, mettant leurs vies en danger, les exploitant ou pire, et c'est là qu'interviennent les Godkillers. On a beaucoup comparé le roman à Gégé le Witcher et c'est pas faux, on a une tueuse freelance qui accepte des contrats pour tuer des machins mais les affaires peuvent être plus sournoises que prévues. Malheureusement on suit pas vraiment la protagoniste dans ses missions de tous les jours pour découvrir tout ça mais ça serait cool de le faire dans un spin-off, préquel ou autre.
Mais je suis plus mitigé sur les personnages qui ont mis à peu près les 300 pages du roman a devenir un minimum intéressants. Kissen, Elogast et Inara sont des gros archétypes sur pattes qui peinent à sortir du moule, leurs interactions sont un peu énervantes parce que Kissen est une guerrière bad-ass grognon qui se méfie de tout le monde et envoie chier ses compagnons à longueur de journée, ce n'est qu'à la fin qu'elle commence à se dérider (bien sûr qu'elle va se dérider). Du coup j'ai passé toute ma lecture à râler et quand ça s'arrange enfin, c'est fini, et j'ai paradoxalement envie de lire la suite, parce que le reste était quand même très cool et j'ai fini par m'attacher à la petite équipe sur la ligne d'arrivée quand même.
L'autrice réussit à installer son ambiance également par une imagerie forte et une écriture évocatrice, y'a des scènes impressionnantes, des détails "visuellement" percutants, quelques passages d'action très bien menées, des créatures effrayantes et des dieux surpuissants. La magie de l'univers est encore mystérieuse et vient principalement des dieux qui laissent des marques sur les humains qui leur sont liés par un pacte, mais on peut les rompre apparemment. Skedi (le petit dieu qui est lié à Inara) est un dieu des "pieux mensonges" (white lies) et s'amuse à manipuler les gens autour de lui (ce qui énervera évidemment Kissen).
Tout ça laisse quand même une bonne impression sur ce premier roman original à l'ambiance particulière, même si j'ai des réserves sur le traitement des personnages j'ai passé un bon moment et lirai certainement la suite bientôt. J'espère pour les lecteurices VF que De Saxus va bien traiter sa version mais en tous cas l'originale a fini par me convaincre.
Lire aussi l'avis de : Sometimes a book, Symphonie (L'imaginaerum de Symphonie),
Couverture : Tom Roberts
Traduction : Benjamin Kuntzer
Éditeur : Harper Voyager (VO) / De saxus (VF)
Nombre de pages : 304
Date de sortie : 19 Janvier 2023 (VO) / 11 Janvier 2024 (VF)
Prix VO : 16,99£ (relié) / 7,99£ (numérique)
Prix VF : 26,90€ (relié) / 19,90€ (broché) / 12,99€ (numérique)