The road so far, bilan et réflexions

The road so far, bilan et réflexions
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C'est cette période de l'année, la fin, le début, l'heure de regarder derrière, devant et sur les côtés. C'est rigolo j'ai jamais fait ça, je pars un peu en freestyle et je vais essayer de montrer où me mènent mes explorations du moment.

Where's the fun ?

Cette année 2017 a été un nouveau basculement vers la VO pour moi, j'en lisais déjà avant mais je me suis mis à vraiment suivre l'actu de nos amis anglophones, à surveiller les sorties et les auteurs (trouvant au passage un intérêt nouveau à twitter, bien plus populaire chez nos amis angloricains). Le résultat est que mes lectures les plus marquantes ont été en anglais cette année, avec en tête de liste évidemment Kings of the wyld de Nicholas Eams et Tyrant's Throne de Sebastien de Castell que le lecteur français pourra toujours attendre. J'y trouve vraiment mon compte, j'y trouve quelque chose qui me correspond mais qui a du mal à arriver jusqu'à chez nous : La fantasy d'action fun, qui se prend pas la tête et porte une certaine fraîcheur enthousiasmante.

Alors qu'aujourd'hui Game of thrones a jeté tout le monde dans le grimdark implacable, le désespoir et les "nuances de gris", j'adore lire ces romans qui me font sourire, qui filent la pêche avec un équilibre entre action, humour, humanisme, optimisme et même idéalisme ! Ce sont les seuls que je qualifierais d'héritiers de David Gemmell (alors que certains éditeurs en voient partout...), parce que ce sont les seuls qui me procurent ces mêmes sensations de lecture. A ma connaissance, le seul auteur francophone qui correspond à cette description pour moi est Gabriel Katz (D'ailleurs il est où le second tome de La part des ombres ?). Si vous râlez parce que vous lisez pas de VO, allez donc faire un tour sur le dernier article d'Apophis, ça vous incitera peut-être à sauter le pas, sauf si comprenez vraiment pas deux mots d'anglais évidemment...

Ça ne veut pas dire que l'édition francophone est morose pour autant, j'ai eu de belles lectures françaises cette année mais dans des registres un peu différents. On a eu Sénéchal, Boudicca ou l'excellent troisième tome des récits du Demi-Loup de Chloé Chevalier (Si vous ne devez lire qu'une seule série de fantasy française, c'est bien celle-ci). Côté traductions j'ai été emballé par le diptyque de Guy Gavriel Kay, évidemment, par ma découverte de Honor Harrington grâce à la nouvelle collection poche de L'atalante, et toujours la collection Une Heure Lumière de chez Le bélial' qui livre de jolies découvertes.

Young Abruti

Cette année a aussi été mon baptême du feu dans ce qu'on appelle le "Young Adult", catégorie que personne ne sait vraiment définir mais qu'apparemment on sait marketer ! On colle dans cette catégorie tout ce qui est récit initiatique d'un ado qui découvre son monde. De mon point de vue de mi-trentenaire, j'ai lu le meilleur et le pire de ce qui a été étiqueté là-dedans. J'ai adoré lire La mer éclatée d'Abercrombie ou Spellslinger de De Castell, parce qu'ils proposent une aventure adolescente prenante, un "coming of age" qui peut toucher adulte comme ado par ses personnages, son monde et ses enjeux.

En face j'ai récemment lu Les légions de poussière de Brandon Sanderson qui, malgré ses qualités de construction et ses idées amusantes, reste sur un schéma de récit pour ado plein de gros poncifs sans originalité. C'est ce que j'espère ne plus voir en YA, le prochain livre qui me sort l'histoire d'un ado dans une école avec des parents absents, un mentor gentil et une copine hystérique, je le fous au feu. J'en ai largement parlé dans les chroniques de ces romans, mais j'estime qu'on peut faire du roman jeunesse qui éveille et fait découvrir, plutôt que se complaire dans des codes débiles qui tournent en rond. D'ailleurs si je retombe sur du Young Adult qui me plaît, je le qualifierai plus volontiers de roman "tous publics", parce que je trouve ça con de restreindre le public cible si le bouquin est bien.

Bien sûr, on m'a rappelé que je n'étais pas la cible, que des enfants pouvaient adorer ça, bla bla... Certes, mais je trouve ça dommage de proposer à un adolescent quelque chose qui restreint à ce point les possibilités de l'imaginaire. Entre 10 et 15 ans j'ai lu King, Tolkien, Barker, Poe, Connelly, Wul, Ludlum, Masterton, Koontz, plein d'auteurs qui écrivent pour des adultes, et ça nourrit la curiosité au lieu de la refermer avec des œillères marketing. Ça peut être un bon point d'entrée dans l'imaginaire, ma nièce se bouffe les Harry Potter et c'est les premiers bouquins de cette taille qu'elle lit par plaisir, mais si on lui fait lire que des trucs qui se ressemblent pendant toute son adolescence, c'est un gâchis monstrueux.

Prochainement dans nos cerveaux

Qu'avons-nous donc sur nos radars pour 2018 ? Il y a les évidences qui sont la suite logique de cette année : Charmcaster (Spellslinger 3), Bloody Rose (The band 2, suite de Kings of the wyld), Les Honor Harrington qui arrivent petit à petit en poche, Le quatrième Bâtard de Kosigan de Cerrutti, le quatrième Demi-Loup de Chevalier, le quatrième Rois du monde de Jaworski (le 2.3 quoi...), peut-être la suite des sentiers des astres de Platteau, je dois lire Les lions d'Al-Rassan de Kay et Tigane qui va aussi être réédité en Janvier... Tout ça c'est les incontournables. Et oui, ça va, je vais lire les poudremages, promis.

Je vais également poursuivre ma lecture de The faithful and the fallen de John Gwynne, j'attends la réédition de Grey Bastards de Jonathan French, la sortie d'Age of assassins de RJ Barker chez Bragelonne, je compte rattraper mon retard de Mark Lawrence (La trilogie de la reine rouge et le début du livre des anciens). J'ai aussi une tétra-chiée de trucs en anglais que j'ai chopé pour presque rien à l'aveugle, c'est un peu la loterie des ebooks : The valhalla saga de Snorri Kristjansson, The ties that bind de Rob J. Hayes (c'est rigolo en français ça donne "les liens qui lient"), Blackwing d'Ed McDonald, The tethered mage de Melissa Caruso, etc, etc... Et comme d'habitude ça va être un peu au feeling, au fur et à mesure selon mes envies, je suis très mauvais pour planifier.

L'imaginaire ailleurs

Bien sûr, il n'y a pas que dans la littérature qu'on peut s'évader, l'année vidéoludique aura été riche en belles expériences, j'ai été conquis par Horizon Zero Dawn, Hellblade et Mass Effect Andromeda, qui m'ont tous fait vivre des aventures extra-ordinaires. L'année qui arrive est encore un peu floue en terme de calendrier, on aura un God of War, un Spider-man très intrigant, un Biomutant mystérieux mais rien qui me fasse vibrer pour le moment, nous verrons bien.

L'année cinéma a par contre été une catastrophe, les films que j'ai vraiment aimés en 2017 se comptent que les doigts d'une main de lépreux : Baby Driver et La tour sombre, peut-être Logan et La planète des singes si je suis sympa, mais c'est tout, voilà, bonne journée, salut. Il me reste à voir Blade Runner, Dunkerque ou Ça, mais j'ai peu d'espoir d'avoir un vrai coup de cœur dans les sorties de cette année. Et qu'est-ce que j'attends en 2018 ? Les animaux fantastiques 2, c'est tout. Oui, je suis devenu chiant, je sais. Ou alors l'empire Disney me gonfle un peu trop.

En séries c'est un peu pareil, l'alliance Marvel/Netflix nous a livré daube sur daube à base de ninjas en pyjama et de narration bordélique, on a eu droit à un Star Trek fadasse, une saison 2 de Stranger Things sous forme de remake de la saison 1, et quelques autres trucs moyens. Mon année a été sauvée largement par Amazon avec Bosch, Goliath et American Gods, et aussi par les 6 saisons de Downtown Abbey qui nous ont occupé tout l'automne (sans déconner, c'est une des meilleures séries qui trainent sur Netflix). Après je suis très loin de regarder tout "Direct from tonton USA", je ne pirate pas et je me contente de Netflix et Amazon Video, donc j'ai certainement loupé plein de trucs top tendance.

Je pense avoir fait le tour, j'espère avoir donné une image claire de mes découvertes et mes réflexions du moment, et il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une année 2018 pleine de beaux voyages imaginaires, de belles découvertes et de badasseries en tous genres.